Les hommes ne s’aiment qu’avec des ceintures d’explosifs
La femme enfante avec le sida dans les tripes
Une seule prière car j’en ai marre de souffrir
Dois-je accepter de voir nos mômes, les bras lacérés, partir ?
Peut-être que je devrais en faire autant, tonton
Une idée vagabonde imprimée par le canon sous le menton
Les gouttes de sang ont remplacé nos larmes
La vie devient un drame et tout le monde trouve ça normal
Le paysage s’alourdit et le cœur s’endurcit
Si l’homme descend du singe, celui-ci est réussi
Les scènes de guerre ont remplacé nos scènes d’humour
Adolf Hitler est préféré au Dieu d’amour
Nos filles se font violer par leur grand-père
Pendant que les grands frères partent à la guerre
J’ai mal pour ma terre et tous ces corps que l’on enterre
D’un coup mes pensées se culbutent
Entre la joie et la chute
Le passé s’accroche comme un aimant
Je flirte avec la vie comme un amant
Le pus émane de mes cicatrices
Appelée douleur, elle joue à merveille son rôle, ma belle actrice
Aveuglé par le chagrin aigri, le cœur maigri
Les métastases s’écrient pour écrire ma vie
Les belles promesses m’ont lassé
Alité dans le lit de l’avidité
Accidenté du cœur
J’ai peur de faire cette erreur…
On rêve tous d’un monde meilleur
On crève tous, on étouffe, nos âmes souffrent le bonheur
Le temps s’affole et les saisons rigolent
Dans le creux de nos mains, les vents soufflent
Et nos larmes glissent sur le ventre de nos gouffres
La terre crie et nos regards vides plombent
Les colombes portées par les bras de nos mômes
Ahhh douce mélancolie
Guide ma plume sur les notes d’une triste mélodie
La femme espère que l’homme désaltère sa soif de paix
Mais lui préfère faire la guerre pour un bout de terre et quelques pierres
Nos mères attendent patiemment que les cercueils ramènent leur chair
Oh Seigneur, éponge nos chagrins et nos pleurs
Quand les éléphants se font la guerre, pourquoi ce sont toujours les fourmis qui meurent ?
Les femmes en noir subissent nos folies
L’orgueil couvert d’un linceul, signature de nos tueries
Maman, si tu m’entendais parler, tu me dirais assurément
Que la vie, c’est ta cicatrice au ventre, tes enfants, celle de devenir parent
Je l’ai compris depuis que mes enfants sont là
Mais la tristesse fait aussi partie de moi
As-tu déjà lu la noirceur de mes écritures
La minceur de mon estomac coincé entre mon cœur et une ceinture
J’ai saisi la valeur d’une existence quand tonton nous a quittés
J’ai ressenti à quel point la douleur m’avait vidé
Les larmes sont sorties pour sa mort mais aussi pour la mienne
Maman, je te le dis, ma vie est un requiem